home  Lignes de fuites  Lignes de fuite Hors-série 1 - Janvier 2010
Edito
 Sara Danièle Bélanger M., Mathilde Branthomme

Lignes De Fuite Hors Série

Après cinq numéros consacrés année après année au cinéma et à l’audiovisuel, Lignes de fuite élargit, avec ce premier numéro hors série, son champ de publication à d’autres arts et médias. Issus du colloque « Malaises : la fissure dans la littérature et les autres arts » tenu les 7 et 8 mai 2009 à l’Université de Montréal, les textes présentés ici par Sara Danièle Bélanger M. et Mathilde Branthomme, doctorantes en littérature comparée à l’Université de Montréal, abordent tant la littérature que le cinéma, la musique ou l’architecture. Un hors-série, donc, en signe de perspectives qui, de fuir, dialoguent.

Malaises : la fissure dans la littérature et les autres arts


par Sara Danièle Bélanger M. et Mathilde Branthomme

La littérature, parmi tant d’autres types d’œuvres, regorge d’instances où, confusément, on sent que « ça ne colle pas » ; que quelque chose échappe ou se soustrait à la maîtrise de l’esprit. De nombreuses productions nous mettent en rapport avec ces fuites ou ces brèches qu’elles contiennent. Après le bruyant passage de la déconstruction, qui a imprégné la théorie littéraire et culturelle au point d’un non-retour, il serait difficile de contester l’importance des notions de fracture, de fissure et d’écart pour les sciences humaines et les études culturelles.
Ce numéro pluri et transdisciplinaire explore une large gamme de registres - littéraires, philosophiques, psychanalytiques, cinématographiques, artistiques, architecturaux - du malaise et de la fuite, de la fissure, qu’on la pense en lien avec le sujet, les genres, la pensée, l’écrit, l’œuvre. Cette réalisation découle du colloque « Malaises : la fissure dans la littérature et les autres arts » qui a eu lieu le 7 et 8 mai 2009 à l’Université de Montréal.
« Quand ça ne colle pas » évoque l’échec face à un savoir totalisant qui justifie rationnellement et énonce clairement. Qu’y a-t-il derrière cette défaite apparente ? La fissure, le malaise, la fuite sont-ils essentiellement destructeurs, préfigurant la chute et l’effondrement ? La pensée est-elle aujourd’hui intrinsèquement liée au « non-collage », à la brèche, au malentendu ? Que se passe-t-il lorsqu’on place l’acte de penser sur le bord, dans les limites, face au vide dans lequel on peut sans cesse tomber ? Qu’en est-il alors de la liberté face à l’enfermement que peuvent devenir tant la théorie que l’absence totale de sens ? La fuite sera comprise ici non pas comme l’échappatoire mais comme la goutte d’eau qui s’épanche jour après jour du robinet cassé. De quelle douleur parle-t-on ici, de quelle souffrance ? Est-il essentiel de se demander si on peut s’en sortir, si on peut aller plus loin, dans le malaise ou loin de lui ?
Ce dossier collectif interroge le statut, le rôle et les résonances de certaines de ces manifestations dissonantes ou décentrées dans la constitution d’un savoir contemporain qui porte sur le malaise relatif à l’inscription du particulier dans un monde qui persiste à l’encercler et à l’enfermer, malgré le fait qu’il soit lui-même fuyant, secret, fait de ruines rafistolées.


Du même auteur : 
 15. Simone Weil devant la porte




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