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David Cronenberg, la polysémie du genre

Cet article a pour but de réfléchir sur l’apport de la question du genre en esthétique. David Cronenberg commence sa carrière avec des films gores et la poursuit avec des adaptations. Pour autant, il n’est jamais question de conformité : une adaptation ou un film de genre, c’est avant tout une rencontre. Seulement, chaque rencontre engendre un processus d’adaptation : l’adaptation génère de l’adaptation, le genre génère du genre. D’un point de vue dramatique et esthétique, la rencontre de deux corps étrangers se trouve au cœur de ses films. C’est alors que la sexualité devient elle aussi un terrain de rencontre, de circulation et de réinvention, et ce, d’un point de vue thématique et figuratif. Si l’analyse des œuvres en histoire des arts rencontre les études de genre, c’est pour interroger la façon dont l’œuvre les provoque et les convoque en faisant du genre un problème cinématographique.

 Caroline San Martin

NOTES

[1] Extrait de l’appel à communication de Caroline Renard pour la journée du 18 mai 2011.
[2] Teresa De Lauretis « Culture populaire, fantasmes privés et publics : féminité et fétichisme dans M. Buterfly de David Cronenberg », trad. de M.-H. Bourcier, in T. De Lauretis, Théorie queer et cultures populaires. De Foucault à Cronenberg, La Dispute, coll. Le genre du monde, 2077, p. 123-181.
[3] Laurent Jullier, par exemple dans le séminaire dispensé en 2008 à l’Université de Montréal, nous expliquera que ceci est impos¬sible, car le film est différent, selon lui, de la matérialité de son support et entre, par conséquent, dans une construction qui dépend de sa conception et qui s’étend jusqu’à sa réception.
[4] « Une certaine tendance du cinéma français », François Truffaut, Les Cahiers du cinéma, 1954.
[5] « Je me reconnais dans un cinéma qui fait confiance à la narration plastique », Les Cahiers du cinéma, numéro 545, avril 2000.
[6] Véronique Campan, L’Ecoute filmique, écho du son en image, Saint Denis, Presses Universitaires de Vincennes, 1999, p. 63.
[7] Titre donné en France au film Dead Ringers, traduit au Québec par Alter ego.
[8] Serge Grunberg, David Cronenberg, Paris, Les Cahiers du cinéma, 2000, p. 123.
[9] Serge Grunberg, David Cronenberg, p.123.
[10] Op. Cit . Notons à ce sujet que la même sensation est rejouée à travers les dialogues de Cosmopolis.
[11] Nathalie Sarraute, L’Ere du soupçon, Gallimard, 1956 ; Alain Robbe-Grillet, Pour un nouveau roman, Les Editions de minuit, 1963.
[12] Nicole Brenez, De la figure en général et du corps en particulier, De Boeck, 1998, p. 9-28.
[13] Teresa De Lauretis, « Becoming inorganic » dans Critical Inquiry, Vol. 29, No. 4, été 2003. Traduction proposée : « le film défait la sexualité de la nature, de l’anatomie, du genre, de la reproduction et de la force d’Eros à laquelle on la lie a priori et, en même temps, elle ramène au corps ».
[14] Laure Bereni, Sébastien Chauvin, Alexandre Jaunait et Anne Revillard, Introduction aux Gender Studies. Manuel des études sur le genre, Bruxelles, De boeck, coll. Ouvertures politiques, 2008, p. 5.
[15] Op. Cit.
[16] Roland Barthes, Séance 13 du 3/06/78, “Wou-Wei - Androgyne”.
[17] Teresa De Lauretis, « Becoming inorganic », in Critical Inquiry, Vol. 29, No. 4, été 2003. Traduction proposée : « le bioport a pris en charge les fonctions érogènes du vagin et de l’anus ».
[18] David Cronenberg, in David Cronenberg de Serge Grunberg, p. 96.
[19] Noel Burch, « Des effets pervers de la notion d’auteur », in Le Cinéma au prisme des rapports de sexe, N. Burch et G. Sellier, Vrin, Coll. Philosophie et cinéma, p. 102.
[20] Nicole Brenez De la figure en général et du corps en particulier, pp. 13-17 ; 21-28.
[21] David Cronenberg in David Cronenberg de Serge Grunberg, pp.135-136.


Du même auteur : 
 A propos du Foucault de Gilles Deleuze
 Penser une signature au cinéma
 Surface, coprésence : circulations. The Pillow Book de Peter Greenaway
 Travailler aujourd’hui avec Gilles Deleuze
 1. Edito n°1
 2. Edito n°2
 1. Edito n°3
 5. Aller dans tous les sens, Naked Lunch de David Cronenberg
 1. Edito numéro 4
 2. L’anse insensée, Panic Room de David Fincher
 Publication LIGNES DE FUITE # 4
 1. Edito
 5. La Vie nouvelle, émergence et mutation des figures
 8. Rencontre avec Martin Provost autour de son film Séraphine
 5. Plus rien ne va de soi
 5. Quelques questions soulevées par une "Brève histoire"...
 1. Edito 6

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