home  Lignes de fuites  Hors-série 4 - Janvier 2014
Enquête sur l’espace d’une œuvre, à partir de l’étude d’un tableau

L’analyse de l’"Intérieur aux aubergines" de Matisse conjointe à la lecture de "L’Espace plastique" de Michel Guérin invite à parcourir, à découvrir et à interroger des espaces, de l’espace fictif créé par le peintre aux espaces particuliers et muséaux de présentation.

 Michel Motré


Pour rendre hommage à Michel Guérin, l’esthéticien, l’enseignant-chercheur, l’ami, et saluer son apport scientifique à l’appréhension de la question de l’Art, je vais proposer au lecteur de conduire une enquête portant sur une œuvre picturale. Le terme enquête est préféré à ceux d’étude, que je réserve au tableau, et d’essai (ce qui serait présomptueux). N’étant ni philosophe, ni historien de l’art, mon propos sera celui d’un pédagogue des arts plastiques, soucieux de partager une « expérience de la perception ». Outre le plaisir de poursuivre les échanges sur l’Art, dont ceux qui ont ponctué les quatre années du concours de l’agrégation d’arts plastiques, c’est animé du désir d’éprouver, avec un bagage enrichi (merci Michel Guérin), une rencontre avec une œuvre que j’amorce ce travail.
Dans l’introduction de son ouvrage L’Espace plastique[1], Michel Guérin nous sensibilise à ce qu’est l’œuvre et à sa non-coïncidence avec l’objet-œuvre (par exemple un tableau). Il pointe aussi la tendance à « restreindre la question de l’espace à la démarcation entre espace réel, celui du spectateur, et l’espace interne de l’œuvre, sans trop savoir comment articuler un troisième terme, le lieu où celle-ci est exposée ». En me fondant sur ces réflexions et leur développement, je vais enquêter afin d’apporter des éléments de réponse à la question : Que nous révèle l’objet-œuvre de l’œuvre ?
Le travail sur les œuvres constituant un des piliers de toute formation artistique, j’en recherche une qui pourrait constituer un riche terrain d’expérience. Mon choix se porte rapidement sur l’Intérieur aux aubergines (1911), tableau d’Henri Matisse (1869-1954). Il appartient à la collection du Musée de Grenoble (Isère) depuis 1922 et il a connu un itinéraire singulier, depuis sa conception jusqu’à son actuelle présentation. Pour cette œuvre, on pourrait parler de fortune ou de destin.

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