home  Lignes de fuites  Lignes de fuite 01 - Juin 2005
Passages en envers : Campus et Cronenberg
 Guillaume Campeau-Dupras

Conclusion

De nos jours, l’image se consomme (littéralement chez Cronenberg) comme une drogue, et ça nous consume peut-être quelque part (comme se consume le reflet de Campus). Les deux œuvres tournent autour d’un même problème, une sorte de pathologie de l’image qui répondrait à la question : peut-on se muter dans (ou avec) une image ? En avers de ce problème, de cette pathologie, il y a le narcissisme (Campus), et en envers, le voyeurisme (Cronenberg) [36] . Car si le premier « corporéise le narcissisme [37] » ou la difficulté d’arracher Narcisse à son image, de trouer/effacer/brûler cet autre soi de surface pour dévoiler enfin le vrai soi, le soi de fond, le second idéalise le voyeurisme ou le porte à son aboutissement idéal, où celui qui refuse de se regarder et d’aller au-delà de l’image, qui aspire à la surface de l’image, à l’apparence pure et au « devant lui », se perd lorsqu’il se trouve lui-même (tout comme Narcisse) et en arrive à perdre la notion de fond, à rester pris dans l’apparence, à ne plus différencier l’idée du corps, le fantasme de la réalité. Les deux personnages finissent par chercher une réponse dans la transition ultime, vers le vrai soi derrière cette image en miroir pour Campus, et vers l’au-delà de la chair nouvelle pour Max Renn. Une réponse qui n’en est pas une, sans fond, qui ne suffira jamais.




L'unité réelle minima ce n'est ni le mot ni l'idée ou le concept, ni le signifiant, mais l'agencement. Claire & Gilles
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