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Programme de la journée doctorale
 

Autour du cinéma, réflexions et études de cas

Journée doctorale en Langues, Lettres et Arts
Jeudi 12 juin 2008
Université de Provence - Centre des lettres et sciences humaines
Salle des professeurs (2e étage)

9h00 - Accueil et allocution d’ouverture

SESSION I - 9h15-10h45 : Le cinéma et la littérature en Asie

-  9h15 - Paolo Magagnin, « Lecture, relecture, réécriture : la littérarité des films de Wong Kar-wai »
Doctorat en littérature chinoise moderne et traduction, Université Ca’ Foscari, Venise ; Université de Provence, Aix-en-Provence
Parallèlement à ses études de doctorat en littérature chinoise moderne et traduction, Paolo Magagnin s’intéresse au cinéma asiatique.
Le style du réalisateur chinois/hongkongais Wong Kar-wai se nourrit constamment de la lecture de modèles littéraires orientaux et occidentaux. Au-delà des thématiques reprises dans ses films, la littérarité du cinéma de Wong Kar-Wai émerge sur d’autres plans, ceux de la structure filmique et de la technique narrative. A travers l’analyse comparée des modèles et des techniques littéraires ainsi que de leurs réalisations cinématographiques, il sera mis en lumière la nature intermédiatique et puissamment créatrice de ses films.

-  9h45 - Solange Cruveillé, « La traduction au cinéma : fidélité, libertés et transcription (Tigre et Dragon, Ang Lee, 2000) »
Doctorante en sinologie, Université de Provence.
Solange Cruveillé est également membre associé de l’équipe "Littérature d’Extrême-Orient : Textes et Traduction" de l’Université de Provence. Elle a récemment traduit les deux premiers tomes de l’épopée chevaleresque chinoise Tigre et Dragon de Wang Dulu.
Cette communication propose de réfléchir autour de l’adaptation cinématographique d’un roman de kungfu chinois (wuxia xiaoshuo) écrit dans les années 50 par Wang Dulu un auteur prolifique du genre : le film Tigre et Dragon de Ang Lee sorti en 2000. Il sera d’abord intéressant de situer ce roman dans la pentalogie littéraire à laquelle il est rattaché. Puis nous pourrons discuter de l’adaptation et de ce que cela implique quand il est question de respecter un genre littéraire, le style d’un auteur, l’intrigue et les différentes facettes des personnages. Enfin, nous nous intéresserons à une autre étape capitale dans le succès et l’accueil d’un film : sa traduction dans la langue maternelle des spectateurs visés, dans notre cas la traduction française.

10h15-10h45 : questions et débat
10h45- 11h00 : pause

SESSION II - 11h-12h30 : Arts et sociétés : réel et dramaturgie en Occident

-  11h00 - Kathrin-Julie Zenker, « Le paradoxe du théâtre documentaire »
Doctorante en Arts du spectacle, Université de Provence.
Kathrin-Julie Zenker est en première année de thèse dont le sujet est « Des possibilités d’un théâtre documentaire contemporain ».
Sans réduire la complexité des phénomènes du monde dans la cohérence d’un drame exemplaire, ni se perdre dans une pensée esthétisante et déconnectée du champ public, le théâtre documentaire se tient entre l’explosion du réel sur scène et l’implosion des paramètres de l’art. En son nom s’inscrit sa fondamentale ambiguïté : il se veut documentaire, c’est-à-dire médiateur d’empreintes du réel, mais il reste théâtre, c’est-à-dire forme artistique réalisée au présent dans une boîte noire qui expose toute intervention comme feinte. En son centre, se tient l’acteur. Il nous tend la main de notre ressemblance humaine, l’autre main tient le monde mâché, craché, refait. L’acteur est réel. Il est possibilité, sujet qui documente le « ça a été » et l’être de projection vers un ailleurs.

-  11h30 - Aurore Renaut, « Luchino Visconti adapte Le Guépard de Lampedusa »
Doctorante en Etudes cinématographiques, Université de Provence.
Aurore Renaut est ATER en Histoire et Sociologie du cinéma à l’Université d’Amiens.
Le Guépard de Luchino Visconti (1963), adapté du célèbre roman du Prince Giuseppe Tomasi di Lampedusa, sorti quelques années plus tôt (1958), met en scène à travers le portrait d’une famille de l’aristocratie sicilienne un épisode fondateur de l’histoire italienne, le Risorgimento. Les deux oeuvres ont en commun d’évoquer la nostalgie pour un monde qui s’effondre, l’aristocratie à laquelle tous deux appartiennent, et l’avènement d’un autre violent et sans âme, la bourgeoisie qu’ils méprisent. Le Guépard de Visconti nous livre également une analyse très critique de l’histoire de l’Italie. Rejoignant les thèses marxistes, le cinéaste refuse de croire à l’Unité du pays dont parle le livre : les provinces riches et industrielles du Nord ont en fait annexé les provinces agricoles du Sud. Le film devient par conséquent une radicalisation d’un certain point de vue sur l’histoire de l’Italie.

12h00-12h30 : questions et débat
12h30-14h : Déjeuner

SESSION III -14h-15h30 : La question du genre : western et film fantastique

-  14h00 - Pierre-François Peirano, « Le thème de la vengeance dans trois westerns : Winchester ’73, 1950, Anthony Mann ; Rancho Notorious, 1952, Fritz Lang ; C’era una volta il West, 1968, Sergio Leone »
Doctorant en Etudes du monde anglophone, Université de Provence.
Agrégé d’anglais, Pierre-François Peirano enseigne dans l’académie de Nice. Il prépare une thèse intitulée « Iconographie et représentations de l’expédition Lewis et Clark ».
Le thème de la vengeance constitue la principale force à l’origine des actions des personnages dans les trois œuvres étudiées. Des jeux complexes entre le spectateur et les personnages se créent : l’oscillation entre continuité et discontinuité s’accompagne d’un étirement ou d’une condensation du temps, reflet de la narration et des soucis esthétiques propres à chaque œuvre. Toutefois, le dénouement confère un véritable sens à la vengeance, qu’elle représente un parcours initiatique, une catharsis ou une fuite en avant. Dans cette optique, l’Ouest américain constitue un cadre privilégié, mais, si la loi du talion reste toujours de mise, le contexte est néanmoins celui d’une époque-charnière, où transparaît l’avènement d’un monde au sein duquel de telles pratiques seront bannies. Ainsi, le thème de la vengeance est indissociable d’une certaine vision de l’Amérique, marquant une transition dans l’histoire de cette nation et son appréhension.

-  14h30 - Eve Le Louarn, « De la prosopopée filmique dans The Thing de John Carpenter : étude de cas »
Doctorante en Etudes cinématographiques, Université de Provence
Eve Le Louarn a participé à plusieurs colloques sur le fantastique et l’horreur dans le cinéma et la littérature.
Travailler l’horreur filmique aujourd’hui permet d’appréhender le caractère interdisciplinaire des études cinématographiques. En effet, ce genre est souvent étudié comme discours idéologique, territoire de symbolisation, devenant un vaste sous texte discursif. Or, il nous apparaît important de tenter de développer une méthode de recherche et d’analyse transversale qui nous permettrait de rattacher les différentes appréhensions du genre à des questions d’esthétique et de mise en scène. Il semble que ce croisement apparaît dans la circulation d’une figure : la prosopopée, outil rhétorique qui permet de mettre en évidence tant le dit que le donné à voir. En nous appuyant sur le film de John Carpenter, The Thing, nous tenterons d’expliquer ce qu’est - ou peut être - une prosopopée filmique.

15h00- 15h30 : questions et débat
15h30- 15h45 : pause

SESSION IV - 15h45-17h15 : Exploration de deux concepts : l’anti-figure et la littéralité

-  15h45 - Bruno Girard, « Sharunas Bartas : Trajectoires de la rencontre dans Trys dienos (Lituanie, 1991) »
Doctorant en études cinématographiques, Université de Provence.
Bruno Girard enseigne à l’Université de Nice.
Ce film a pour origine un documentaire. Il s’agirait de faire passer les sensations particulières d’une rencontre amoureuse. Toutefois, une analyse figurale atteste autre chose que la rencontre : son impossibilité. Si bien qu’une autre forme de rencontre se manifeste dans ce film : le croisement de trajectoires, la rencontre minimale, c’est-à-dire un simple échange d’énergie. Le film rend visible l’irreprésentabilité de la rencontre et non pas la rencontre elle-même. Or, conséquence de cette irreprésentabilité, les phénomènes, les manifestations spatiales qui perturbent la narrativité filmique vont dans tous les sens. Si bien que, partant de la rencontre et montrant une rencontre, c’est une forme opposée qui émerge : l’absence de rencontre. Ainsi apparaissent figures et anti-figures.

-  16h15 - Vincent Bonnet, « Approches d’un concept opératoire : la littéralité dans le champ des études cinématographiques »
Doctorant en études cinématographiques, Université de Provence.
Diplômé en photographie de l’Ecole Nationale Supérieure Louis Lumière, Vincent Bonnet a également été chargé de cours pratique au département de cinéma. Parallèlement à son doctorat, il est artiste et codirecteur artistique de la compagnie à Marseille.
Cette communication s’établit au contact problématique de deux notions. Comment figurer un vecteur dynamique entre la création cinématographique et le concept de littéralité, dans sa dimension opératoire. Cette communication propose de faire un point théorique et historique sur ce concept et d’en voir l’utilité dans les études cinématographiques, à travers un exemple concret, une relecture "littéraliste" d’une vidéo de Jean-Luc Godard, Lettre à Freddy Buache (couleur, 11 minutes, 1982).

16h45- 17h15 : questions et débat
17h15 : allocution de clôture
17h30 : pot de clôture

L'unité réelle minima ce n'est ni le mot ni l'idée ou le concept, ni le signifiant, mais l'agencement. Claire & Gilles
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