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Penser la théorie (Université Concordia)

Masques, vêtements et accessoires : mise à distance, mise en mouvement

Ce collectif pluridisciplinaire et bilingue, réalisation du groupe doctoral et postdoctoral « Penser la théorie » (département d’études françaises, Université Concordia), explore l’usage des vêtements, masques et accessoires dans des œuvres contemporaines. Il s’agit d’examiner tant les constructions identitaires soulevées par ces atours que les manifestations contemporaines d’une nouvelle extériorité. Ce travail est le résultat de la réflexion entamée à l’occasion de l’atelier du groupe du 20 janvier 2009 : « Interférences esthétiques : snobisme, dandysme, cosmopolitisme, décadence ».

Les corps se couvrent et les tissus se chargent de signifier les multiples rapports au monde. La réflexion sur ce que l’on porte, ce que l’on montre et sur les masques que l’on revêt amène à poser un regard neuf sur la société contemporaine. Au-delà des significations et étiquettes posées par l’habillement et la mascarade, ce numéro collectif cherche à penser les multiples devenirs esquissés dans des œuvres contemporaines ainsi que les forces de création soulevées par des pratiques artistiques interrogeant notre rapport aux vêtements, masques et accessoires.

À partir de la bande-dessinée Maus : A Survivor’s Tale, d’Art Spiegelman, Ariane de Blois explore la fonction des masques animaliers à travers un questionnement sur le racisme et la bestialisation. Mathilde Branthomme s’intéresse aux accessoires et à la mode dans le film de Pedro Almodóvar Matador pour penser la sacralisation et la rédemption en lien avec le fétichisme. Valérie Cools interroge, quant à elle, la fonction des vêtements dans deux types de manga (« réaliste » et « d’aventure »), et le rôle des fétiches comme processus général du manga. Benoît Faucher examine la récente prise en compte par l’industrie de la mode de la figure du geek et de ses diverses pratiques d’habillement, questionnant ainsi les possibilités de définition pour une figure sans cesse récupérée. À travers L’usage de la photo, œuvre littéraire et photographique d’Annie Ernaux et Marc Marie, Lucie Ledoux s’intéresse au rapport entre les photographies érotiques de vêtements, l’écriture de soi, le corps malade et l’appel à la vie. Liza Petiteau examine la place du masque et de la mascarade dans les stratégies parodiques identitaires et dans la remise en question des normes qui en découle chez des femmes artistes contemporaines, notamment Suzy Lake, Gillian Wearing, Lynn Hershman Leeson et Cindy Sherman. Lucille Toth, en analysant les divergences esthétiques de deux photographes, Terry Richardson et David Lachapelle, pense l’alliance contemporaine de la pornographie et de la mode du point de vue de la réception et de la perception du regardeur par rapport à son corps.

Mathilde Branthomme, responsable de publications du groupe doctoral et postdoctoral « Penser la théorie » (Je remercie le comité de lecture du groupe « Penser la théorie » pour son travail pré-éditorial).

L'unité réelle minima ce n'est ni le mot ni l'idée ou le concept, ni le signifiant, mais l'agencement. Claire & Gilles
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